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Onéguine - hiver 2011

 
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Valérie Beck
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MessagePosté le: Mar 19 Nov - 21:12 (2013)    Sujet du message: Onéguine - hiver 2011 Répondre en citant

C’est toujours magique de découvrir un ballet ; va-t-on entrer dans l’histoire ? Comment celle-ci sera-t-elle racontée ? Comment les personnages vont-ils exister ?
Je dois dire qu’hier, mardi 20 décembre, la soirée fut superbe !
Tatiana: Osta
Onéguine: Pech
Olga: Froustey
Lenski: Revillion
Grémine: Duquenne
 
J’avais donc lu très récemment ce très beau texte de Pouchkine ;
Comme je l’écrivais plus haut, la scénographie de Cranko respecte magnifiquement toute la trame et les finesses du roman
Le rideau se lève sur une maison à la campagne, où sont réunis Olga, Tatiana, leur mère,    Lenski et quelques amies.
Revillion a du mal à incarner le jeune poète très fleur bleue, tout amoureux de son Olga, la sémillante Mathilde Froustey. Dans le roman, il a vingt ans, il n’a pas encore vécu, ni écrit grand-chose ; tout en en «  bouton », tout en promesse. Si le visage de Révillion exprimait bien cette candeur, cette fraîcheur,  sa danse en revanche, pas toujours très assurée, dévoilait plus les failles techniques que le personnage. C’est dommage. Car le couple qu’il formait avec Olga/ Froustey n’était pas très équilibré. Olga/ Froustey,  à mes yeux, est une jeune fille vive, malicieuse, un peu tête un peu folle. Dans le roman, elle apparaît  comme une écervelée à certains moments, elle vit dans l’instant et n’est pas capable d’attachements durables, son plaisir passant avant tout.  Sa danse belle, légère, précise, fluide, ample, facile en un mot exprime toute l’insouciance de sa jeunesse, sa joie de vivre.  Froustey danse avec tant de facilité qu’on oublie qu’elle danse ; on sent l’affection qu’elle a pour Tatiana, sa sœur si sérieuse, réservée, éprise de livres, calme et tranquille, pas du tout prête à aimer.
Ce qui se produit quand arrive Onéguine/Pech ; dès les premiers instants, Pech incarne un être lassé de la vie, en retrait du monde, qui souffre ; sa danse exprime cette lassitude et ce mal de vivre. Il est austère. Il est différent de tous les autres.
Tatiana en tombe amoureuse sans y être préparée ; dépassée par cet amour violent, elle lui écrit une lettre, la nuit dans sa chambre. La scène où surgissent du miroir le double d’elle même et Onéguine était dansée avec une grande simplicité et intensité. Onéguine, on le devine, peut devenir destructeur malgré lui ; non par méchanceté, mais parce que quelque chose en lui s’est brisé. Les deux danseurs sont justes, simples, mais émouvants. Onéguine est inquiétant, Tatiana oscille entre l’espoir et le tourment.
La suite des évènements annoncée par le miroir le confirme. Dans les romans russes, il y a toujours une scène au miroir où les jeunes filles allument des bougies le soir de Noël et regardent dedans pour voir leur avenir (soit dit en passant, je le fais aussi !)
Si bien que quelques temps plus tard, lorsque c’est la fête de Tatiana et que Lenski arrive à entraîner Onéguine malgré lui en lui ayant fait la promesse qu’il n’y aura QUE Tatiana, Olga, et leur mère, celui-ci se sent trahi ( c’est dans le roman et c’est magnifiquement mis en scène par Cranko) lorsqu’il découvre qu’en fait, il y a tous les voisins auxquels le jeune homme a tourné le dos, lassé de les entendre lui parler du prix du blé, ou des veaux derniers nés. Cette société a fini par prendre ce garçon pour un original, et elle est un peu vexée de voir qu’il se rend chez les Larine et pas chez eux. Ces finesses apparaissent pendant la scène du bal.
Autre belle idée de Cranko : faire déchirer la lettre de Tatiana par Onéguine (dans le roman, il la prend à l’écart et lui explique qu’il ferait son malheur en l’aimant, mais que s’il devait prendre une compagne, c’est elle qu’il choisirait ; d’ailleurs, un peu plus avant dans le roman, Onéguine a dit à Lenski : «  quoi, toi, poète, tu as choisi cette Olga, sans profondeur, sans rien pour faire frémir un poète ? Alors que Tatiana semble si riche ! À ta place, c’est elle que j’aurais choisie.» Et il a déjà vexé sans le savoir ce jeune poète à peine sorti de l’enfance.
D’une part, on comprend qu’il  par ce geste qu’il   rejette Tatiano, d’autre part, cela permettra à la scène finale de trouver toute son intensité quand Tatiana rendra sa lettre à Onéguine et la déchirera de la même manière.
Cranko fait donc danser la société des voisins avec beaucoup d’humour ! C’est pendant ce bal qu’Onéguine, déçu d’avoir été trompé par Lenski, se venge en faisant danser Olga. Toute heureuse de son succès, Froustey/Olga s’amuse ; non ce n’est pas par caprice ! Elle n’a aucune arrière pensée, et elle s’étonne que Lenski en prenne ombrage ; quand celui-ci provoque Onéguine et lui demande réparation, Olga est bouleversée et reste interdite. Elle n’a fait que danser ! Tatiana, très digne après ce qu’elle vient de vivre, essaie aussi de l’en dissuader, mettant de côté son propre chagrin pour éviter un drame.
C’est peine perdue
 
Le duel rappelle un peu celui – postérieur – de Pierre Bezoukhof dans guerre et paix. Un duel malgré soi. Un duel idiot pour l’honneur auquel on participe sans le vouloir. Les deux sœurs tentent encore de l’empêcher, et sur l’avant-scène, Onéguine/Pech hésite ; il trouve cela inutile, stupide, il sait qu’il doit faire quelque chose pour éviter ce duel, mais les choses suivent leur cours, comme malgré lui. Lenski meurt
 
Le dernier acte s’ouvre sur   la scène de bal, très belle, où l’on voit Tatiana heureuse auprès de Grémine/Duquenne qui donne beaucoup de poids à son personnage avec peu de choses à danser ; ce général est imposant, solide, sans tourment, sans état d’âme, très loin de la personnalité d’Onéguine. Les décors et les costumes, simples, légers, campent toute une ambiance de fête et de plaisirs mondains. C’est simple, c’est beau ; la robe rouge de Tatiana nous révèle qu’elle a accédé à une place dans le monde, à une certaine maturité, à un rang aussi. (Osta était superbe dans cette robe !)
Onéguine revoit donc Tatiana, qui semble l’ignorer, sauf qu’un mouvement en arrière de sa tête au moment où elle quitte le bal avec son mari, prouve qu’il n’est en rien.
J’aime beaucoup une fois encore ce qui se passe  sur l’avant-scène entre deux rideaux, où toute la vie défile sous les yeux d’Onéguine ; le passé le hante, les années n’ont rien effacé ; il ne s’est pas pardonné la mort de Lenski, et tout ce qui en a découlé.
Plus tard, dans son boudoir, Tatiana supplie son mari de ne pas la laisser seule ; il la cajole, lui renouvelle toute son affection, mais il a à faire, et s’en va ; entre Onéguine.
J’avais vu sur youtube beaucoup de pas de deux de cette scène ; Pech le danse avec beaucoup de regret, un vrai amour qui s’exprime enfin, une tendresse qu’on ne lui connaissait pas jusqu’à présent et qui nous émeut. Il est donc capable d’être tendre ? Comme s’il avait fallu tous ses drames pour qu’il puisse être lui-même et  s’avouer qu’il aime Tatiana. Elle  hésite entre sa passion et son devoir. Mais elle finit par lui rendre sa lettre et  le congédie ; ce pas de deux coulait tout seul, sans laisser voir le moindre effort, pour nous narrer tous les méandres et les fluctuations du coeur ; ces deux êtres s’aiment, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, mais il est trop tard.  Tatiana  presque heureuse de lui faire vivre ce qu’elle a vécu au moment où elle lui rend la lettre le regrette aussitôt l’instant d’après ;  on comprend que plus jamais elle ne trouvera la paix ; le retour d’Onéguine a brisé le fragile équilibre qu’elle avait construit tant bien que mal avec Grémine.
 
Je salue ici la performance d’acteurs des danseurs qui racontent une histoire, dévoilent les méandres de l’âme humaine, ses conflits, tout ce qui se passe sous un crâne, avec un talent qui force l’admiration. Les pas de deux entre Pech/Osta étaient vraiment de toute beauté. On comprend très bien qu’Onéguine n’a rien voulu, mais a tout provoqué. Tatiana force le respect et la compassion.
Cranko en 1H 30 raconte tout un drame, avec mille finesses psychologiques et des moyens simples. C’est beau, c’est simple, c’est émouvant, c’est intelligent, et c’est tout en subtilité…
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MessagePosté le: Mar 19 Nov - 21:12 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Valérie Beck
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MessagePosté le: Mar 19 Nov - 21:12 (2013)    Sujet du message: Onéguine - hiver 2011 Répondre en citant

Comme j'ai eu la chance de le revoir le lendemain, voici un second compte rendu posté sur le forum danser en france
 
Compte rendu du mardi 21 décembre
 
Tatiana : Isabelle Ciaravolla
Onéguine : Mathieu Ganio
Lenski : Florent Magnenet
Olga : Muriel Zusperreguy
 
 
Une soirée toute différente de la première, et artistiquement plus aboutie, grâce à l’harmonie exceptionnelle du couple principal. Le ballet y gagne surtout en sensibilité, en finesse d’émotion. Voir Isabelle dans le rôle de Tatiana m’a encore plus fait regretter de l’avoir manquée en Marguerite il y a deux ans, du fait de sa blessure…
 
Comme je l’écrivais plus haut, le couple Lenski/Olga, est charmant, mais sans épaisseur ;  au final, celui incarné par Froustey/Revillion malgré les imperfections techniques de ce dernier est plus vivant. J’aurais aimé voir le Lenski de Hoffalt, au côté de Froustey ou celui de Heymann. Son Mercutio était tellement vif-argent, qu’il donne peut-être au rôle cette fraîcheur qu’on a à 20 ans, absente chez Magnenet.
Olga  trop sage, trop posée, pas assez vive, a donc pour amoureux un Lenski-poète qui manque de poésie, de candeur, de jeunesse… difficile de croire qu’il a 20 ans et qu’il est amoureux d’Olga car cet être est un peu imbu de lui-même. Pendant le bal où Onéguine danse avec Olga, sa colère naît de son amour-propre blessé et non du chagrin que lui cause sa fiancée. Fierté de mâle sur le territoire duquel on marche et non de l’amoureux dont le cœur se brise…
 
Mais revenons au couple principal… même quand elle est simplement debout en scène sans danser, on sent précisément une extrême jeunesse et une inexpérience de la vie chez Tatiana   qu’elle ne   connaît que par ses livres ; elle est très douce – différente en cela de Osta, au caractère déjà affirmé – et l’arrivée d’Onéguine l’effraye presque ; elle lui donne le bras avec pudeur, toute rougissante. On l’aime d’emblée !
 
Onéguine, quant à lui, est romantique à souhait ; il est dans ce premier acte terriblement attachant lui aussi.  Ce jeune homme «  dans la lune » n’est pas fait du tout pour ce monde. La belle éducation qu’il a reçue lui permet de faire ce qu’il faut en société, mais comme un pantin. Il fait mine de s’intéresser à ce qu’on lui montre, à ce qui l’entoure, mais le cœur n’y est pas. Lors du premier pas de deux de l’acte 1,  Mathieu Ganio  danse avec Tatiana pour être aimable, mais sans plus ; il la trouve mignonne. Mais son monde intérieur le happe ;  il porte la main à son front, oublie aussitôt où il est pour retrouver la détresse et la souffrance qui le tourmentent.  Cet être écorché vif met les larmes aux yeux, d’autant plus qu’à ses côtés, se tient une Tatiana toute en retenue et d’une infinie douceur. Ce couple est attachant au de là des mots.
Il est impossible de décrire ici la beauté de leur pas de deux. Tout respire, chaque geste a un sens, c’est plein de poésie, d’émotion, de sensibilité… la danse est moelleuse, précise, lyrique, habitée… un moment de grâce… Qui se poursuit tout autant dans la chambre de Tatiana lorsqu’elle écrit sa lettre. Ganio sort du miroir, et l’amour explose… c’est magique !
Dans l’acte 2, Onéguine pris au piège chez les Larine devient odieux. Il va prendre plaisir, tel Méphistophélès à semer la zizanie ce qui rend Lenski   brutal, violent, coléreux ; la gifle qu’il donne à Onéguine ramène aussitôt celui-ci au cœur des réalités : il se rend compte de ce qu’il vient de faire  et essaie de réparer ses torts. Mais l’autre en face ne décolère pas. Olga l’a humilié, il demande réparation. La douce Tatiana fait ce qu’elle peut pour apaiser tout le monde, sans y parvenir. Sitôt Lenski mort, Onéguine pleure comme un enfant ; ce duel qu’il a vainement essayé d’empêcher mais qu’il a involontairement provoqué– et c’était très vivant entre Magnenet et Ganio !- ne fait qu’ajouter à sa détresse intérieure.
À l’acte 3, transformation de la belle Isabelle qui est devenue une femme de grande classe ; enfuie, la petite Tatiana rougissante et timide ; elle est mariée à un homme qu’elle respecte, mais sans passion. Autant Osta aimait son mari, autant  Ciaravolla  a   de l’affection pour un être gentil comme seul sait l’être Duquenne/ Grémine en scène, mais ce n’est pas de l’amour. Elle croise Onéguine et là aussi, contrairement à Osta, elle ne tourne pas la tête pour le regarder en coin, elle esquisse le geste, mais se reprend.
Dans ce monde du paraître, elle est maître de ses émotions. En quelques pas, Ciaravolla exprime tout le cheminement intérieur qui s’est produit dans cette femme. Les luttes qu’elle a dû mener, et l’acceptation finale de sa situation.
 
En revanche, dès qu’elle est dans son boudoir, tout explose ; la lettre qu’elle vient de recevoir la met dans tous ses états ; elle ne sait plus quoi faire, et l’aide qu’elle implore auprès de son mari, de ne pas la laisser seule, surprend presque celui-ci tout heureux de l’affection qu’il croit qu’elle lui porte soudainement.
Le pas de deux final était simplement sublime. Onéguine n’est que regret, amour, tristesse du temps qui s’est enfui, de cet amour qu’il n’a pas pu vivre ; Tatiana oscille entre le désir de s’abandonner, et la souffrance qu’il lui est resté dans le cœur. Mais elle déchire la lettre uniquement par devoir, car elle sait que revenir en arrière  ne la conduirait qu’au malheur.
 
Comme je l’écrivais hier, les deux artistes ont reçu une magnifique ovation, tellement méritée !
A mes côtés, il y avait toute une petite famille, fille et garçon d’environs 16 et 12 ans avec leurs parents.  Pendant les deux premiers actes, ça papotait, gesticulait, riait un peu, mais fort gentiment. Au troisième acte, toute la famille avait les yeux rivés sur la scène. D’ailleurs, dans la salle, on entendait une mouche voler !
 
Je suis vraiment heureuse d’avoir vu cette distribution ; la précédente était magnifique aussi, mais celle-ci, de par l’entente du couple principale, a mené tout Garnier directement dans les étoiles…on se prend d’une telle affection pour ce couple qu’on suit toute leur histoire avec une grande empathie… beau cadeau de Noël !!! Merci à eux !
 
----
 
si j'ai le temps, je consacrerai un article à cette oeuvre, au roman, et aux interprêtes que j'ai pu y voir
 
Je concluerai juste en écrivant que pour la première fois depuis des années, j'ai  vu un couple bouleversant comme autrefois Guillem/Hilaire, par exemple....  on reste alors sans voix


Je complète mon article aujourd'hui, parce que je lis deci, delà, ces choses avec lesquelles je ne suis absolument pas d'accord
 
1) L'Onéguine de Mathieu Ganio trop gentil?
 
Mais les balletomanes n'ont qu'à lire le roman : Onéguine n'est pas un méchant, mais un enfant de son siècle, rongé de spleen. En cela, Pouchkine se réfère beaucoup à Childe Harold, un personnage de Byron qui engendra une longue lignée de descendants littéraires, tous atteints du même mal : non, pas la tuberculose( quoique) mais le mal de vivre


2) C'est Cranko qui a voulu que Onéguine soit méchant


encore faux! Cranko voulait voir la personnalité des danseurs sur scène quitte à changer la chorégraphie; Reid Anderson l'explique très bien dans une interwiew, où il dit que le danseur doit se couler dans le rôle en gardant ses propres émotions, sa personnalité; c'est donc bien le cas avec Mathieu Ganio
Son Onéguine est aussi  capable de devenir odieux, mais on sent effectivement une âme douce; dans le roman il est lassé de la vie, et quand il rend sa lettre avec Tatiana, c'est pour la protéger de lui même, mais dès le début, il l'a remarque puisqu'il dit même à Lenski qu'il aurait dû choisir Tatiana au lieu d' Olga
Pouchkine s'amuse même à ébaucher le portrait d'Olga, puis nous dit " allez, c'est sans interet, un portrait comme celui là vous en trouverez à la pelle dans tous les romans! je passe à Tatiana!"
 
3) j'étais tombée sous le charme de Mathieu Ganio dans la Sylphide, il y a une dizaine d'année; il dansait avec Ciaravola et c'était sublime!

ensuite, je l'ai  vu dans :

- Caligula ( à deux reprises, espacées par quelques années)

- Drosselmeyer ( il m'a ému aux larmes, avec cette capacité à s'abandonner complètement sur scène!)

- suite en blanc
- Roméeo
- Onéguine
 
Sa danse s'affirme, elle gagne en maturité. Sa technique, superbe, - il a un placement mangnifique, des lignes longues, un moelleux naturel - lui permet ainsi de servir au mieux ses personnages qui peu à peu, prennent de l'ampleur, de l'intensité

La sensibilité de Ganio est splendide; quand on le voit sur scène, on ne voit pas un danseur, mais un artiste,  tout simplement!
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